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Montagnes et sommets de La Réunion

« Pitons, cirques et remparts », c’est ce qui vaut le classement de La Réunion sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. C’est dire le caractère exceptionnel et unique des montagnes à La Réunion, fruit de son activité volcanique débordante et d’une forte érosion.

Un peu de géologie

Impossible de comprendre le relief et les montagnes réunionnaises sans aborder la construction géologique et la situation de l’île. La Réunion est une île volcanique de « points chauds », c’est à dire qu’elle est posée directement sur le plancher océanique, duquel monte le magma qui jaillit presque 7000 mètres plus haut, faisant de ce volcan un des plus hauts du monde, et avec en moyenne une éruption par an, un des plus actifs. La Réunion est géologiquement très jeune et alors qu’en général les paysages mettent des millions d’années à se former, l’importance de l’activité volcanique et de l’érosion ont formé ici en très peu de temps le relief remarquable que nous connaissons aujourd’hui, et bouleverse encore régulièrement sa morphologie.

La genèse des paysages et des montages à La Réunion est le fruit d’une histoire géologique assez complexe qui s’articule autour de 3 phases majeures.

L’histoire sous-marine : c’est la partie qu’on ne voit pas, et c’est pourtant la plus importante de l’île, que ce soit concernant sa construction géologique, comme concernant sa taille. Si La Réunion est une île de 70 x 50 km environ qui culmine à 3 070 mètres d’altitude, il s’agit bien de la partie émergée d’un édifice gigantesque, essentiellement sous-marin, de plus de 7000 mètres de hauteur et dont le diamètre de sa base est de 240 km. Seul 3% du volume de cet ensemble est émergé. On estime que La Réunion est sortie de l’eau il y a 3 millions d’années environ, après une période à peu près équivalente de construction sous-marine. A titre d’exemple, l’île de Madagascar voisine date de 2,4 milliards d’années.

’histoire géologique du Piton des Neiges : les connaissances sur l’évolution géologique de l’île ont évolué au fil des différentes études réalisés et même si certaines théories divergent, on distingue aujourd’hui deux grandes phases d’édification : un stade dit « océanitique » entre plus de 2 Ma et 450000 ans, et un stade « différencié » entre 340000 et 29000 ans, séparés par une période intermédiaire d’érosion. Le stade « océanitique » correspond à l’essentiel de la période de construction du volcan dit en « bouclier » (un volcan bouclier est presque exclusivement constitué de coulées de laves basaltiques très fluides, produites par des éruptions volcaniques effusives et responsables d’une morphologie caractéristique en bouclier), tandis que le stade « différencié » se traduit surtout par des coulées de laves « tardives » venues combler les vallées créées durant la période intermédiaire d’érosion. C’est vraisemblablement durant cette période intermédiaire ou peu après que se sont formées les caldeiras des 3 cirques que nous connaissons aujourd’hui, ainsi que celui du cirque de Bébour comblé par des éruptions tardives. Après cette période d’activité effusive, le volcanisme du Piton des Neiges devient explosif, puis s’éteint il y a environ 12000 ans.

L’histoire géologique du Piton de la Fournaise à La Réunion : le massif du Piton de la Fournaise s’est formé sur le flanc Est du Piton des Neiges pendant que ce dernier était encore en activité. Son histoire peut être décomposée en plusieurs grands évènements : le volcan des Alizés (1 Ma à 450000 ans) engloutit sur lequel a émergé le Piton de la Fournaise, le Bouclier ancien (450000 à 150000 ans) formant la caldeira la plus ancienne située entre la rivière de l’Est et la rivière des Remparts (Rift Zone), le Bouclier récent (150000 à 4700 ans) formant la caldeira et l’enclos du Grand Brulé, et enfin le Piton de la Fournaise actuel formant le cratère Dolomieu. Depuis un siècle, une éruption en moyenne a lieu chaque année. La grande majorité des éruptions historiques et actuelles se produit à l’intérieur de l’Enclos. Cependant, des éruptions, dont certaines très importantes, ont également eu lieu à l’extérieur de la caldeira de l’Enclos, édifiant, par exemple, le Piton Chisny dans la plaine des Sables ou le cratère Commerson.

L’érosion et le travail de l’eau : l’île de La Réunion est donc le résultat d’une activité volcanique particulièrement soutenue, mais ses principaux traits morphologiques résultent aussi et surtout d’une érosion particulièrement forte, conséquence d’une pluviométrie très importante (l’île détient les records du monde de pluviométrie), particulièrement sur sa côte « au vent » à l’Est. Ce sont en effet les volumes d’eaux considérables qui s’abattent sur La Réunion durant la saison des pluies, et a fortiori durant les cyclones, qui ont pu former le relief dantesque que nous connaissons aujourd’hui, notamment composé de profondes vallées et ravines permettant l’évacuation de l’eau vers la mer. Le sol friable de l’île a lui aussi contribué au grès des infiltrations et des éboulements a formé le relief de l’intérieur.

En Savoir + : Le climat de la Réunion

Les montagnes de La Réunion

La Réunion compte donc deux massifs montagneux : le massif du Piton des Neiges qui occupe près des deux tiers du Nord-Ouest de l’île, et le massif du Piton de la Fournaise situé sur le flanc Sud-Est du massif du Piton des Neiges. Ces deux massifs regroupent des centaines de pitons, de remparts, rivières ou ravines encaissées.

Le massif du Piton des Neiges : il a la forme d’un cône régulier qui présente à son sommet 3 larges excavations profondes de plus de 1000 m, et d’une largeur de 10 km environ : il s’agit des cirques de Mafate au Nord-Ouest, Cilaos au Sud et Salazie au Nord-Est. Enserré entre ces cirques, se dresse le sommet du massif avec ses deux points culminants : le Piton des Neiges à 3070 m, et, très proche au Nord-Ouest, le Gros Morne à 3019 m. Ces deux sommets sont reliés par la crête déchiquetée des Salazes. Les cirques sont séparés par des arêtes rocheuses : la crête des Trois Salazes entre Mafate et Cilaos qui relie le Gros Morne au Grand Bénare, la crête des Salazes entre Cilaos et Salazie, et les crêtes du Morne de Fourche entre les cirques de Mafate et de Salazie. Les gigantesques remparts formés par ces trois cirques abritent plusieurs sommets à plus de 2000 mètres, tandis qu’à l’intérieur, crêtes, pitons, canyons et profondes ravines forment un paysage chaotique et inaccessible. Quatre rivières majeures drainent l’eau des cirques et rejoignent la mer par d’étroits goulets creusés dans les flancs du massif du Piton des Neiges. Ce sont la rivière des Galets (Mafate), la rivière Saint-Etienne (Cilaos), la rivière des Marsouins et la rivière du Mât (Salazie).

En Savoir + :

• Le cirque de Mafate
• Le cirque de Cilaos
• Le cirque de Salazie

Le massif du Piton de la Fournaise : il a une forme conique et ses flancs sont inclinés d’une dizaine de degrés vers la mer. Son sommet est marqué par les traces de deux importants effondrements dont les témoins sont le rempart des Sables et plus à l’Est, le rempart de l’Enclos Fouqué qui est prolongé par le rempart de Bois Blanc au Nord et celui du Tremblet au Sud, ce qui lui confère une forme en U (fer à cheval) ouvert sur la mer. Au cœur de cette dépression se dresse le cratère Dolomieu à 2632 m. Tout comme ceux du Piton des Neiges, les flancs du Piton de la Fournaise sont profondément entaillés par des cours d’eau dont les principaux sont la rivière des Remparts et la rivière Langevin au Sud, et la rivière de l’Est au Nord-Est. Les pentes du Piton de la Fournaise se terminent généralement à la mer par des falaises d’une dizaine de mètres de hauteur.